Reconnaissons-le : le culte de la performance a été le moteur des immenses progrès technologiques, humains et sociaux des derniers siècles. Il est aujourd’hui partout, omniprésent, indépassable. Hélas, il nous conduit aussi (et rapidement !) dans le mur, celui des limites planétaires physiques. La concentration actuelle en CO2 atmosphérique (415 ppm) nous renvoie 800 000 ans en arrière ; les réserves connues de roches de phosphate, indispensables à la production alimentaire, pourraient être épuisées dès 2040…
L’obsession contemporaine pour l’optimisation de quelques variables quantitatives (PIB, rendements…) nous a condamnés, progressivement, à détruire les autres variables, moins quantifiables, issues du vivant. Et elle nous (société, entreprise, individu) place en condition d’extrême fragilité, et de non-adaptabilité, alors que les crises systémiques (climatiques, sociales…) se multiplient.
Il est urgent d’engager une grande inversion : substituer au culte de la performance celui de la robustesse, et donc d’une dose assumée d’inefficacité. Il s’agit de ne plus viser le maximum, ni même l’optimum, mais d’être en dessous de l’optimum pour pouvoir faire face à des évènements imprévus. La sous-optimalité, un des piliers de l’économie régénérative, n’est pas un gros mot. Au contraire.
