- A priori le désir active une formidable force antisociale. Avant sa capture et sa domestication dans des formes présentées comme socialement acceptable, il représente une énergie dangereuse pour l'ordre établi. Sous son empire plus rien ne compte de ce qui constitue un être socialisé (emploi-du-temps quadrillé et répétitif, prudence dans l'action, épargne, docilité, obéissance, ennui) dés lors triomphe tout ce qui s'y oppose (liberté, imprudence, dépenses, insoumission aux valeurs et principe ayant cours, rébellions face aux logique dominantes, complète associalité). Pour être et durer la société s'efforce encager cette puissance.
Extrait de "La puissance d'exister" de Michel Onfray
Le désir dans la psychanalyse
Une cure psychanalytique à proprement parler, est une réflexion que mène l'être qui cherche un sens à sa vie, à partir du non-sens de l'existence et du chaos de son histoire.
Cette quête est signe de vie, si l'on accepte de sortir d'une volonté de maîtrise et d'agencement, pour accueillir ce qui fait sens au travers de toutes les expériences créatrices du quotidien, c'est-à-dire ce qui permet d'approcher, de conforter, d'enrichir et de laisser évoluer son propre sentiment d'identité.
La principale visée de la cure psychanalytique est donc de rendre à l'être sa mobilité psychique et pas forcément d'organiser son moi pour qu'il soit – apparemment – fort et possède un savoir pour faire face aux difficultés de 1'existence.
La psychanalyse ne donne pas de recettes, ni contre l'angoisse, ni contre la souffrance, ni contre le doute. Elle ouvre l'horizon de la pulsion de vie : elle donne à l'être le goût d'oser ses désirs et le courage de les confronter à la réalité, de les affirmer. (...) Il n'est de rêve, comme il n'est de désir, que dans la transformation, dans l'ajustement de l'être humain au va et vient des possibles. Très loin de tout effet miracle, la cure psychanalytique permet au sujet d'étoffer la confiance dans sa capacité créative à mettre en jeu, à chaque instant, la part de son désir qui exprime ce qui peut féconder ici et maintenant sa relation à l'autre et son rapport au monde. Cette sereine assurance laisse se déployer en soi l'énergie d'être là, situé avec justesse, dans un mouvement et par une parole dont chacun peut répondre, au moins partiellement, sans se trahir soi-même. Alors, peut-être que finir une psychanalyse serait se sentir désirant de quitter un cadre limité et privilégié, pour mettre en circulation dans la totalité de sa vie, une attitude juste, centrée, authentique et courageuse. Poser sa liberté (re)trouvée en actes exprimera ainsi sa propre identité, actes qui la nourriront en retour. (...)La psychanalyse n'apporte pas de réponse : elle en rend le besoin inutile. (...)Le désir étant la marque de l'être humain, toute psychanalyse vise à libérer en chacun son désir le plus profond, ses désirs vrais qui, à la différence des besoins dont la satisfaction ne peut pas être différée longtemps (boire, manger, dormir ...), s'inscrivent dans un cycle long qui fait intervenir la rencontre et l'échange avec l'autre, avec les autres.Ainsi, le désir est moteur de lien social mais aussi et surtout de créativité car le désir est infini, nous dépasse et nous pousse toujours plus loin dans notre humanité, dans notre qualité d'être.Si l'on croit, à la suite de Françoise Dolto, que le désir premier et primordial de l'être humain est le désir d'évolution, on peut avancer que :- tout ce qui nie ce désir est inhumain,- tout ce qui retourne ce désir est pervers,- tout ce qui contrarie ce désir est pathogène.La psychanalyse aide à sortir des impasses liées au non-respect de ce désir de vie.(...)L'être humain est posé comme un être libre de son existence, responsable de ce qui fait la vie et l'humanité en lui-même et en chacun de ceux qui l'entourent, quels que soient leur race, leur religion, leur philosophie, leurs choix de vie...(D'après Saverio Tomasella)
Complément :
extrait : "L’approche analytique est aussi, il me semble, nécessairement reliée à une curiosité foisonnante, innovante, « un tantinet anarchiste »... Le processus analytique est transformateur parce qu'il renforce l'Eros, au sens freudien de pulsion de vie, dont la fonction est de lier des unités toujours plus grandes, pas de tout mettre dans des cases."(extrait de : http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Psychanalyse.)
À lire pour aller plus loin :
Les hommes rôle et positionnement
Interrogation sur le désir féminin/masculin
Sans contrat
Quand le désir est entre deux hommes ou deux femmes
La femme et la sexualité familiale
Identité
Un espace pour penser différemment, inspiré des réflexions que je trouve au fur et à mesure de mes pérégrinations, s'attachant à porter un regard critique sur des vérités établies. Questionner et remettre en cause, déconstruire, mettre en valeur les modes de penser différents pour finalement affiner ce que l'on pense, ce que l'on veut garder ou pas. Bonne lecture !
Autres regards sur le désir
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