L'abus de la paternité imposée


Je suis féministe mais encore une fois je vais écrire pour défendre le droit des hommes...
parce que finalement je ne suis pas "féministe" : je suis pour l'équité, la justice, le droit au choix.

Une femme qui décide de garder (ou de faire volontairement) un enfant contre l'avis du géniteur (parfois il ne le sait même pas) a le droit PENDANT 10 ANS de réclamer de l'argent à cet homme (il s'agit souvent de pension plus que d'implication dans l´éducation). Puis plus tard l'enfant lui-même pourra réclamer une compensation à cet homme qui, au mieux, a EXPRIMÉ son désaccord : "je ne veux pas d'enfant", au pire ignore totalement son existence. 

"La jurisprudence est drastique et sévère avec les hommes. Pendant DIX ans à compter de la naissance ils peuvent être recherchés en tant que père par la mère, puis encore dix ans par l'enfant à compter de sa majorité."


Lorsqu'une femme fait un enfant ou décide de garder un enfant sans le consentement de l'homme, elle prive cet homme de son droit absolu à disposer de son corps.

Nous qui nous sommes tellement battues pour disposer du nôtre ! je suis choquée qu'aujourd'hui nous fassions aux hommes ce qu'ils nous ont fait pendant longtemps. Comment la justice peut-elle aujourd'hui donner raison à ces femmes et donc condamner ces hommes que l'on force à être père malgré eux (certains parlent de viol...) ?
La contraception existe pour tous (pilule en ce qui nous concerne, préservatif en ce qui concerne les hommes - et autres...) et pourtant nous nous somme battues pour avoir le droit AUSSI d'avorter... pour pouvoir disposer de notre corps et ne pas avoir à assumer la responsabilité (immense !) d'élever un enfant si nous ne nous en sentons pas capables ou si nous n'en avons pas envie.
Pourquoi ce droit est-il refusé aux hommes ? Pourquoi ne peuvent-ils pas eux dire "je ne peux pas" "je ne veux pas" ?



Les hommes subissent une parfaite injustice car la femme est celle qui a CHOISIT de faire/garder cet enfant malgré le non consentement du géniteur (ou son ignorance). On parle du droit de l'enfant à avoir 2 parents mais qui bafoue ce droit ? L'homme qui a exprimé qu'il NE VEUT PAS d'enfant ? Ou la femme qui va forcément priver son enfant de père, puisque ce ne sont pas les gènes qui font la paternité (ni une obligation financière dictée par un juge) mais bien "le désir d'être père" ?

C'est la femme qui, par son choix, prive l'homme de son droit à disposer de son corps et son enfant du droit à avoir 2 parents, ce n'est en aucun cas l'homme. Et pourtant c'est lui qui sera sanctionné. 
Qu'il ait été au courant ou pas, qu'il ait eu le choix ou pas.

"Le contexte de la conception de l'enfant n'intéresse pas la justice, elle poursuit l'établissement d'une paternité biologique, rien d'autre. 

Or si l'on peut reconnaître à l'enfant le droit d'accéder à ses origines, on peut aussi admettre que ce ne sont pas les gènes qui font la paternité mais le désir de l'homme d'être père. 

Ni la loi ni l'opinion publique ni la justice n'ont de considération pour l'homme lors de la conception de l'enfant, il n'a aucun droit, pas même le droit d'être entendu dans sa précarité, ses difficultés à assumer à ce moment là une paternité qu'il serait incapable de "porter". Par contre, dès que l'enfant naît, il est immédiatement pour tous, un père avec des obligations qu'on lui imposera judiciairement avec fermeté s'il ne s'y soumet pas. Et en plus, la morale le condamnera, il sera pointé du doigt et stigmatisé par son entourage.


L'homme pris dans ces situations extrêmes est souvent détruit, il a le sentiment d'avoir été bafoué, instrumentalisé, méprisé dans son individualité. J'ai vu des hommes somatiser, se détruire et même se laisser dépérir. Leurs interrogations douloureuses sont le gage de ce qu'ils ne sont pas ces salauds irresponsables que l'on stigmatise dans les tribunaux et dans l'opinion publique. Ils sont dans une situation non de victime mais de coupable, c'est la pire qui soit."


Fasse à ces situations je pense que les femmes devraient se poser des questions sur le sens du mot ÉGALITÉ puisque c'est ce pour quoi elles se sont battues. Clairement, en ce qui est de la liberté de devenir père (ou mère) ou non, les hommes et les femmes ne sont pas sur un pied d'égalité.

Or l'égalité (je préfère le mot équité) c'est pour tout... et pas seulement quand ça nous intéresse.
Je me demande si certaines femmes se posent la question de leur droit face à celui de ces pères et et face à celui de leur enfant :


1- faire un bébé toute seule, c'est le faire sans homme. Si c'est un choix pour la femme, cela doit aussi être un choix pour l'homme, respectons les hommes si nous voulons être respectées, respectons surtout celui que nous choisissons comme père pour nos enfants.
2- faire un bébé toute seule, ou faire un bébé pour soi ? Donner la vie n'est pas recevoir une vie, c'est un acte pour l'autre, pour l'enfant avant tout. Qui souhaiterait offrir à son enfant une vie qui commencerait devant les tribunaux par la recherche d'un père qui sera déclaré tel par un prélèvement biologique vérifié sur la paillasse d'un laboratoire ? Faisons des droits de l'enfant le fil rouge de notre réflexion.


Article complet : http://www.parent-solo.fr/dossier-285-interview-mary-plard-auteur-paternites-imposees.html
*parties en Italique d'après : Mary Plard, avocate féministe de la 1ère heure mais se battant aujourd'hui pour que justice soit faite aux hommes aussi.

Émission sur France 5 "Sois père et tais-toi !": http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/diffusions/13-01-2015_291399

"Le choix de ne pas avoir d'enfant" émission de France-inter : http://www.franceinter.fr/emission-service-public-le-choix-de-ne-pas-avoir-denfant



1 commentaire:

Thomas Julien a dit…

Excellent et courageux article. Par ailleurs, la paternité imposée n'est pas seulement une affaire de rapports hommes femmes, c'est aussi la question du respect de l'enfant qui doit vivre sans avoir été pleinement désiré, ainsi que du concept de famille: faire un enfant c'est fonder une famille, la paternité imposée est donc aussi un projet familial imposé...
Des solutions pacifiques pourraient toutefois être inventées:
http://parentalitesimposees.blogspot.com/